mardi 23 juillet 2013

"Tu fais chavirer mon cœur quand…"


Tu acceptes sans rechigner que je glisse mes pieds gelés contre les tiens si chauds, histoire de les réchauffer…
Tu me rappelles pour la énième fois que tu m’aimes…
Tu te soucies de ma santé, mon confort, ma qualité de vie…
Tu m’écoutes parler de tourments que m’occasionnent ceux qui me sont si proches et de qui je ne veux pas que tu penses ou dises du mal, même alors que ça serait là ton bon droit…
Tu plonges ta cuillère dans un pot de yogourt Moka pour m’en faire savourer un peu, à moi aussi…
Tu éclates de rire car je tangue comme sur un bateau qui aurait le roulis…
Tu me dis… « Tu peux pas comprendre… »…
Tu me parles une langue par toi seule connue, et que tu me fais encore découvrir en riant…
Tu sous-titres oralement un film de mille commentaires, bloquant les images parfois, le faisant passer ainsi de 1h30… à 2h15 min…
Tu me fais lire sur tes lèvres « je t’aime » alors que l’espace entre nous grandit…
Tu prends exprès la pose devant moi, assis le dos collé au siège, les bras croisés derrière la nuque…
Tu lis dans mes yeux, et que les mots sont alors tellement inutiles, dérisoires…
Tu me dis… tu veux quoi ? un bachanga ou un vögeleuuuu ?
Tu me convaincs du bout de tes doigts, de tout le savoir que tu as accumulé à seule fin de me dispenser un prodigieux massage…
Tu me traduis une idée ou une parole émise devant moi, comme si j’étais une parfaite bobette…
Tu me dis que je cuisine bien, et que tu aimes tout simplement ce que je fais pour toi…
Tu m’appelles par tous ses petits mots d’amour que je n’ai appris et portés qu’avec toi…
Tu me tiens dans tes bras, me cajoles distraitement, embrasses mes yeux, soupires les lèvres perdues dans mes cheveux…
Tu te fous de moi de bon cœur, alors qu’encore une fois je te raconte une anecdote pas glorieuse de ma journée…
Tu me dis… « dé-so-lé… » à la mode de chez toi, les syllabes allongées et l’accent chantant…
Tu es carrément de mauvaise foi, et que le comique de la situation frise le grotesquement ridicule…
Tu me persuades que je suis à tout jamais ton élue… qu’importe tout, qu’importe rien, qu’importe hier, qu’importe demain…
Tu es fier de te souvenir d’une date anniversaire de notre histoire, et que t’es juste à côté… d’une pêtée de jours…
Tu ouvres un premier œil… au petit matin, et que déjà tu me cherches du regard…
Tu t’embrouilles dans ton besoin de me convaincre d’un truc, et que finalement tu dis le contraire de ce que tu énonçais au tout début de notre discussion…
Tu vois les choses si infimes de la vie, que tu sais t’en émerveiller, que tu partages ça avec moi…
Tu lis un manuel de 80 pages, juste histoire de savoir comment me conseiller pour bien tenir un tournevis… «parce que tu veux que je sache le faire comme toi… ou mieux encore…»…
Tu te montres si concerné par la vie de ceux que j’aime, alors qu’ils sont bien plus timides à faire pareil pour toi…
Tu cries que t’as mal, alors que je t’ai pas encore touché…
Tu redessines mes sourcils, l’arrête de mon nez, l’ourlet de mes lèvres en me regardant avec tellement de tendresse…
Et pour tant d’autres raisons encore…
hamlaghk, sais-tu?...