Quand j’ai abordé la maman de mon mari, sa grand-mère et sa sœur également… j’étais loin de me douter de la quasi similitude de ce que je comptais entreprendre à titre de petit rituel symbolique entre nous quatre, avec une coutume ancestrale (bien que délaissée peu à peu par les jeunes de la nouvelle génération)…
Mais j’étais alors très ignorante desdites coutumes en matière de déroulement des cérémonies de mariage en Kabylie… et je ne faisais finalement que satisfaire à une volonté très personnelle.
Dans les faits, la cérémonie de notre mariage avait eu lieu en dehors de la présence de la majeure partie de la famille, et il me tardait de pouvoir vivre quelque chose qui permettrait en quelque sorte d’en conclure le déroulement, avec ceux qui n’y avaient pu assister, que je venais de retrouver au bled.
L’ambiance était à la fête, la maisonnée emplie d’invités. J’avais emporté avec moi un Tisfifin, ceinture typique tressée par les femmes Kabyles, dont elles se ceignent la taille, la nouant par-dessus l’ourlet de leur lfoudha (tissu multicolore, souvent noir, rouge et jaune que portent les femmes au niveau de la taille, recouvrant alors leurs hanches et leurs jambes jusqu’à mi-mollets, et qui empêche ainsi -au même titre qu’un jupon- de voir à travers ou de tacher le tissu fluide de leur robe ou qu’il ne se soulève par l’effet du vent qui se glisserait dessous.
Ce Tisfifin avait été confectionnée par la grand-mère maternelle de Mohand, mon mari, et m’avait été remis lors d’un précédent séjour. Il représentait par l’enchevêtrement des longs cordons de laine tressée, les heures passées à respecter et perpétuer la tradition vestimentaire des femmes de la région, et donc son attachement certain à cette culture. Il représente surtout un souvenir d’elle qui m’est précieux.
J’avais donc abordé ces trois femmes, de trois générations différentes, proches de mon mari, afin de leur demander de nouer à ma taille cette longue ceinture, cadeau de la grand-mère, et par ce geste symboliser le lien qui doit nous unir, m’incluant ainsi non seulement à la famille, mais au clan réservé des femmes avec qui il est primordial pour mon équilibre et mon bonheur que je noue des liens sincères et étroits.
Et ce fut ainsi… chose faite. Quelques mouvements de bras, alors qu’elles se passaient de main en main le métrage des cordons laineux, dont elles ont joint les bouts sur mon ventre pour en nouer les extrémités… avant que nous nous embrassions, très émues, et qu’elles m’adressent leurs vœux de bonheur.
Mais aucune d’entre elles n’a souligné le fait que c’était là un rituel ancestral, que de nouer la ceinture sur la taille de la nouvelle mariée, et je restais alors dans l’ignorance de la chose, croyant avoir initié un semblant de cérémonie très personnel. Ce n’est qu’alors que je relatais le déroulement de ce précieux moment que mon mari m’apprenait ce qu’il en était …
«La mariée ne doit pas toucher à quoi que ce soit - travaux ménager - durant les sept premiers jours suivant le jour de son mariage. Le septième jour, on enlèvera à la mariée la ceinture qu’elle porte pour la remplacer par une ceinture de laine. Ce jour-là, la mariée préparera du pain ou des beignets. Elle s’habillera pour aller puiser de l’eau dans la fontaine, accompagnée par les femmes de sa nouvelle famille, en chantant».
Alors que je lis certains détails relatifs à la confection de ces ceintures, je m’aperçois que la mienne comporte 13 cordons, et qu’elle est dotée de 2 pompons. Elle est donc plus longue qu’un Tchamir, mais comprend plus de cordons que le Tisfifin sans en comporter les 3 pompons requis! Qu’importe... Ou tant mieux !
Mais j’étais alors très ignorante desdites coutumes en matière de déroulement des cérémonies de mariage en Kabylie… et je ne faisais finalement que satisfaire à une volonté très personnelle.
Dans les faits, la cérémonie de notre mariage avait eu lieu en dehors de la présence de la majeure partie de la famille, et il me tardait de pouvoir vivre quelque chose qui permettrait en quelque sorte d’en conclure le déroulement, avec ceux qui n’y avaient pu assister, que je venais de retrouver au bled.
L’ambiance était à la fête, la maisonnée emplie d’invités. J’avais emporté avec moi un Tisfifin, ceinture typique tressée par les femmes Kabyles, dont elles se ceignent la taille, la nouant par-dessus l’ourlet de leur lfoudha (tissu multicolore, souvent noir, rouge et jaune que portent les femmes au niveau de la taille, recouvrant alors leurs hanches et leurs jambes jusqu’à mi-mollets, et qui empêche ainsi -au même titre qu’un jupon- de voir à travers ou de tacher le tissu fluide de leur robe ou qu’il ne se soulève par l’effet du vent qui se glisserait dessous.
Ce Tisfifin avait été confectionnée par la grand-mère maternelle de Mohand, mon mari, et m’avait été remis lors d’un précédent séjour. Il représentait par l’enchevêtrement des longs cordons de laine tressée, les heures passées à respecter et perpétuer la tradition vestimentaire des femmes de la région, et donc son attachement certain à cette culture. Il représente surtout un souvenir d’elle qui m’est précieux.
J’avais donc abordé ces trois femmes, de trois générations différentes, proches de mon mari, afin de leur demander de nouer à ma taille cette longue ceinture, cadeau de la grand-mère, et par ce geste symboliser le lien qui doit nous unir, m’incluant ainsi non seulement à la famille, mais au clan réservé des femmes avec qui il est primordial pour mon équilibre et mon bonheur que je noue des liens sincères et étroits.
Et ce fut ainsi… chose faite. Quelques mouvements de bras, alors qu’elles se passaient de main en main le métrage des cordons laineux, dont elles ont joint les bouts sur mon ventre pour en nouer les extrémités… avant que nous nous embrassions, très émues, et qu’elles m’adressent leurs vœux de bonheur.
Mais aucune d’entre elles n’a souligné le fait que c’était là un rituel ancestral, que de nouer la ceinture sur la taille de la nouvelle mariée, et je restais alors dans l’ignorance de la chose, croyant avoir initié un semblant de cérémonie très personnel. Ce n’est qu’alors que je relatais le déroulement de ce précieux moment que mon mari m’apprenait ce qu’il en était …
«La mariée ne doit pas toucher à quoi que ce soit - travaux ménager - durant les sept premiers jours suivant le jour de son mariage. Le septième jour, on enlèvera à la mariée la ceinture qu’elle porte pour la remplacer par une ceinture de laine. Ce jour-là, la mariée préparera du pain ou des beignets. Elle s’habillera pour aller puiser de l’eau dans la fontaine, accompagnée par les femmes de sa nouvelle famille, en chantant».
Alors que je lis certains détails relatifs à la confection de ces ceintures, je m’aperçois que la mienne comporte 13 cordons, et qu’elle est dotée de 2 pompons. Elle est donc plus longue qu’un Tchamir, mais comprend plus de cordons que le Tisfifin sans en comporter les 3 pompons requis! Qu’importe... Ou tant mieux !
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